Home > Actualités > PROJET DE MÉTHANISEUR À ALZONNE : mobilisation à venir !
Partager :
ÉNERGIES
22.10.2026

PROJET DE MÉTHANISEUR À ALZONNE : mobilisation à venir !

22.10.2026 -
Une enquête publique portait sur le projet de méthaniseur à Alzonne. La Confédération paysanne de l'Aude a émis un avis défavorable que vous trouverez ci après. La lutte ne fait que commencer.

Madame, monsieur, les commissaires enquêteurs,

A la lecture des caractéristiques du projet de méthaniseur d'Alzonne « Bio'zonne », la Confédération paysanne considère qu'il s'agit bien d'une usine industrielle de production de méthane, si mal nommé " biométhane " (bio en grec signifie la vie) dans la mesure où faire faire des kilomètres à des tracteurs pour « nourrir » le méthaniseur ou pour épandre son digestat, est une aberration écologique alors même que la sécheresse qui frappe une partie de l'Europe en 2026 a pour principales causes nos activités humaines trop émettrices en CO2, dont ... le transport. En France, le transport est le secteur qui émet le plus de gaz à effet de serre (34% en 2023, source notre-environnement.gouv). D'autre part les infrastructures publiques comme les routes seront lourdement impactées car la tailles des engins utilisé pour récolter, transporter, épandre ne sont que des véhicules agricoles hors catégorie qui sont très lourds. Les routes départementales et communales vont se dégrader très vite comme on peut le voir sur la commune du Villasavary. Cette dégradation des routes sera comme souvent dans ce type de projet à la charge du contribuable.

Pour la Confédération paysanne de l'Aude, syndicat agricole représentatif, la méthanisation n'a de sens agricole et écologique qu'à petite échelle pour renforcer l'autonomie énergétiques des fermes et par valorisation d'une partie de leurs déchets organiques.

Notre syndicat souhaite attirer votre attention sur la consommation excessive d'eau que va générer ce projet pour l'arrosage des cultures d'été (appelées CIVE d'été) : sorgho, moha ou maïs. Ce détournement de l'eau d'irrigation agricole par quelques uns pour nourrir l'usine de méthanisation va fortement perturber l'économie agricole du pays, empêchant l'arrosage pour d'autres agriculteurs-rices (pour les cultures semences, les maraîchers etc.). Le dossier ne contient pas de données sur les volumes d'eaux prélevées pour les cultures alors que ceux ci vont augmenter considérablement.

De fait, si le projet se réalise, une concurrence inacceptable et intenable existera entre l'agriculture qui nourrit les animaux (car les " CIVE " d'été comme le sorgho piper ou le maïs sont avant tout des fourrages pour l'alimentation animale) et l'agriculture qui fait tourner une usine .... à gaz ! De plus, le prix d'achat des cultures va entrer en concurrence avec les cultures alimentaires et risquent de réduire encore la collecte de céréales, protéagineux a destination de l'alimentation humaine et animale et ainsi mettre en difficulté la collecte des coopératives.

Nous sommes étonnés de ne trouver que des données économiques et financières succinctes. Est ce pour masquer les bénéfices mirobolants que génèrent l'usine et qui font perdre la tête, à nos élu-es et agriculteurs ? Selon nos estimations, le produit annuel issu de la vente du gaz représenteraient plus de 2,5 millions d'euro.

Nous sommes évidemment inquiets du faible niveau du revenu agricole mais ce type de projet ne résout pas la question, pire il donne un second souffle à l'agriculture autophage et boulimique, qui voit les fermes grossir grossir .... Pour devenir des usines !  C'est un véritable accaparement et un détournement de l'usage de bonnes terres agricoles irrigables, alors qu'un méthaniseur est déjà en activité à quelques kilomètres, à Villasavary. Ce projet ne répond pas au problème du faible revenu des agriculteurs car les banques ne prêtent pas 7.13 millions d'€ à des agriculteurs qui ont un revenu modeste.
Alors que les éleveurs audois cherchent de la paille ou que les maraîchers de la zone cherchent désespérément du fumier, ces matières vont être gâchées car jetées dans l'usine. C'est un non sens agricole.
Le methaniseur intensifie l'utilisation du sol car on peut enchaîner les cultures d'hiver a destination du méthaniseur par une culture d'été qu'il faudra irriguer aussi a destination du méthaniseur. Cette intensification aura des conséquences a moyen terme sur la fertilité des sols déjà aggravée par le changement climatique.
Concernant l'épandage, le digestat épandu ne permet pas de prouver qu'il va compenser l'export de matières organiques qu'aura provoqué la culture à destination du méthaniseur. Aussi l'utilisation de culture hautement fermentescible rend le digestat de moins bonne qualité. La répartition de l'aptitude à l'épandage par agriculteur est particulièrement inquiétant. Selon le tableau présenté page 66 sur 1374.99 ha, seuls 34.91 ha sont des surfaces épandables sans conditions. Ce qui signifie que 97.5% des surfaces liées au projet sont non épandables ou pour la majorité épandables sous conditions, car sur des sols imperméables ou trop filtrants. Personne ne viendra vérifier en cours d'année si toutes les nombreuses conditions sont remplies. Qui décidera que l'épandage doit être fractionné ou différé, les digestats systématiquement enfouis en raison d'un excès d'eau ? Les enjeux économiques sont tels, qu'ils primeront sur les conditions d'épandage qui concernent la quasi totalité du projet. Les surfaces d'épandage sans conditions sont ridicules. Cela augmente le risque d'approvisionner le méthaniseur au delà du plafond de 15% de cultures principales ou par des achats à l'extérieur sans que quiconque ne puisse dire si il s'agit de cultures principales ou intermédiaires.

Pour toutes ces raisons, Madame, Monsieur, les commissaires enquêteurs, nous sommes défavorable au projet de méthaniseur d'Alzonne  « Biozonne .

NOUS CONTACTER Confédération paysanne de l'aude
Maison paysanne 1 Av. Salvador Allende 11300 LIMOUX 06 31 34 84 59
Copyright Confédération paysanne