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ÉNERGIES
08.01.2026
Avant le 16 janvier : APPEL À CONTRIBUER À LA CONSULTATION PUBLIQUE SUR LE DOCUMENT CADRE relatif au développement du photovoltaïque dans l'Aude.
08.01.2026 -
L'Aude s'apprête à valider un document cadre visant à encadrer les possibilités d'implantation de centrales
photovoltaïques au sol sur les terres agricoles. Ce document fait actuellement l'objet d'une consultation
publique.
En appliquant des critères permettant d'exclure certaines parcelles, il a pour objectif de limiter les surfaces où l'installation de centrales sera permis. Si l'ambition de mettre fin à l'actuelle grande braderie de notre territoire est louable, la Confédération Paysanne de l'Aude considère que la méthodologie mise en œuvre ne permet pas de répondre sérieusement aux enjeux auxquels l'agriculture de
notre département fait actuellement face.
Certains critères ont permis d'exclure des espaces « naturels » : forêts, Espaces Naturels Sensibles, Natura2000, loi Littoral, auxquels se sont ajoutées les parcelles présentant un risque d'aléa feu de végétation de niveau fort à exceptionnel, que la Conf' a obtenu d'intégrer à la version actuelle.
Concernant l'agriculture, les principaux critères d'exclusion pris en compte sont les surfaces irrigables (jusqu'à 500m d'un réseau ou point de prélèvement existant) et les parcelles ayant été exploitées au moins une fois dans les 10 dernières années. Cette méthodologie permet d'éliminer une grande part des surfaces agricoles, mais elle considère que toutes les autres parcelles n'intéresseraient pas l'agriculture et pourrait donc être recouvertes par des centrales photovoltaïques. Elle est pour nous largement insuffisante, et inadaptée aux réalités conjoncturelles que connaît l'agriculture audoise depuis plusieurs décennies. Cela aboutit au document cadre le moins ambitieux d'Occitanie, avec environ 1400ha restant encore accessibles
aux couvreurs frénétiques pour leurs projets.
La cartographie contient des erreurs au vu du critère de 10 ans sans exploitation : elle comprend des parcelles récemment cultivées, fauchées, ou pâturées.
Mais surtout, la logique même de ce critère revient à ignorer l'histoire de l'agriculture dans notre département. Elle revient aussi à nier les espoirs d'amélioration offerts par les projets de nouveaux périmètres irrigués, et par les pratiques régénératives prometteuses que de nombreux acteurs de
l'agriculture audoise commencent tout juste à s'approprier et à diffuser.
Les crises à répétition ont laissé de nombreuses friches à l'abandon en l'absence d'une réelle volonté politique, mais aujourd'hui un consensus semble s'établir pour soutenir la diversification, le redéploiement de l'élevage extensif, et la revendication de reconnaissance des spécificités méditerranéennes dans la Politique Agricole Commune. L'histoire de l'Aude regorge de crises dont l'agriculture a toujours su se
relever. Alors que nous travaillons aujourd'hui à ce rebond agricole, considérer la déprise comme une fatalité serait une erreur, tandis que l'abandon de ces friches aux investisseurs serait difficilement réversible.
Au-delà de ces aspects de fond qui questionnent la logique même de ce document cadre, nous rappelons quelques effets délétères du photovoltaïque qui semblent encore une fois oubliés :
– tension sur le foncier
– distorsions de concurrence entre agriculteurs
– augmentation des ruissellements et de l'aridification du territoire
– réchauffement local par artificialisation (effet heath island)
– augmentation de la pression des grands gibiers
Notre département couvre déjà 83% de ses besoins électriques et se classe parmi les premiers départements producteurs en ce qui concerne le photovoltaïque. Alors que les projets déjà dans les tuyaux suffiraient à faire de l'Aude un producteur net d'électricité, ce document cadre n'est pas à la hauteur du coup d'arrêt qui s'impose pour accompagner sereinement le nécessaire rebond agricole.
A l'inverse de cette approche par élimination basée sur des critères inadaptés et des données qui seront toujours incomplètes, nous appelons à une planification ascendante, partant d'une juste évaluation des besoins et des potentiels, pour proposer quelques projets pensés pour et par les collectivités les accueillant. La méthode serait la suivante :
1. Établir des objectifs de production électrique locale cohérents, en adéquation avec une politique de sobriété sans laquelle toute l'Aude serait tôt ou tard recouverte de panneaux.
2. Commencer par recenser les toitures et les parcelles déjà artificialisées ou fortement dégradées devant accueillir du photovoltaïque en priorité.
3. Chercher les parcelles où le photovoltaïque répondrait à ces objectifs avec le moins d'impact possible : pour l'agriculture, les paysages, la nature, le risque incendie, les cycles de l'eau, le climat local etc...
4. Construire des projets portés par des acteurs du territoire et maximisant les retombées économiques locales dans l'intérêt du plus grand nombre.
Comme le suggèrent également les travaux de la mission interministérielle qui a fait suite aux grands feux des Corbières, cette démarche, applicable à toutes les énergies renouvelables, doit être menée rapidement pour remplacer au plus vite l'actuel projet de document cadre, par décision du préfet de l'Aude qui en a le pouvoir.
La Confédération Paysanne de l'Aude appelle toutes celles et ceux qui pensent que l'avenir agricole de l'Aude doit être considéré à sa juste valeur et que nos terres en friches ne peuvent pas être abandonnées aux intérêts de fonds rapaces, à soutenir cette alternative au document cadre actuel en participant à la consultation publique avant le 16 janvier.
Vos observations doivent être envoyées par courriel adressé à ddtm-doc-cadre@aude.gouv.fr ou par
Nous appelons aussi, en particulier les paysannes et paysans installés ou faisant pâturer dans l'Aude, à étudier la cartographie proposée par le document cadre, et à faire remonter à la DDTM :
– les parcelles retenues qui ne respectent pas les 10 ans sans exploitation (parcelles
pâturées/fauchées ou cultivées de quelque manière que ce soit)
– les parcelles irrigables au sens de la méthode employée (moins de 500m d'un réseau ou d'un point de prélèvement existant)
– les parcelles occupées par des cultures pérennes qui pourraient être remises en production (oliviers et chênes truffiers notamment)
– les parcelles sur lesquelles vous avez des projets agricoles (vous pouvez engager en parallèle une demande d'autorisation d'exploiter pour concrétiser votre intérêt)
– les parcelles de qualité agronomique élevée incompatible avec un projet d'artificialisation