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COMMUNIQUE DE PRESSE

Ordonnance coopération : redonner de la force au collectif

18.01.2019

Alors qu'une nouvelle réunion sur l'ordonnance relative à la gouvernance des coopératives se déroule aujourd'hui au Ministère de l'Agriculture, les rapports de force entre paysan-ne-s et l'industrie agroalimentaires reste totalement déséquilibrés et la question de la représentation des producteurs au cœur du processus de fixation des prix reste entière et brulante. Si les pouvoirs publics se défaussent sur des organisations interprofessionnelles de filières accaparées par des stratégies de croissance à outrance et de course à l'exportation, ils cautionneront alors l'étranglement de la rémunération des produits agricoles par une gestion des couts purement financières.

Face à l'intégration verticale des organisations de producteurs, de fait subordonnées à leurs acheteurs, nous promouvons des organisations de producteurs fortes, transversales et territoriales.

A partir de ce constat, la Confédération paysanne œuvre dans ces consultations pour  une ordonnance sur la coopération ambitieuse qui permette un retour équitable de la valeur pour les coopérateurs.

Il faut absolument agir pour rétablir la transparence dans les filiales des coopératives en stoppant les dérives, évasion des actifs et délocalisation des profits pour revenir aux fondamentaux : la valorisation des produits des coopérateurs. La coopération doit se réapproprier la régulation de l'offre, miser sur la qualité des produits et la relocalisation à travers un outil collectif pour contrebalancer les opérateurs privés ; une coopération  au service  des producteurs et responsable au regard des attentes sociétales.

Exemple en Languedoc Roussillon la branche viticole VINADEIS du groupe coopératif tentaculaire INVIVO, a absorbé 17 000 ha de vignoble avec 11 caves coopératives 45 domaines, et parallèlement opéré une intégration verticale de la fourniture des intrants jusqu'à la distribution et ses marques délocalisées dans sa filiale au Benelux. Omniprésent dans la filière, à tous les échelons intermédiaires de la viticulture, la vinification, le négoce et le conditionnement, le groupe est dans une position dominante où on ne peut que déplorer la subordination des viticulteurs et leur effacement dans l'arbitrage  d'une gestion financières opaque. Celle ci dicte  la  répartition et la localisation de la valeur comme des profits dans un monde où la compétition et la capitalisation sont érigées en dogme.

La fin des quotas laitiers et sucriers, associée à l'essor de la contractualisation, a encore déséquilibré le rapport de forces en faveur des industriels. Au moment où l'Académie d'Agriculture tire les enseignements du marché laitier et appelle – nous nous en réjouissons - à la mise en place d'instruments de régulation et de prévention des crises, nous réaffirmons notre conviction dans la force du collectif.

Nous n'avons jamais eu autant de besoins en initiatives collectives pour répondre aux enjeux socioéconomique, climatique et sociétal.

La rémunération paysanne et la reconnaissance de nos métiers passeront par cette vision collective : développement local, répartition harmonieuse des moyens de production sur les territoires (foncier, matériel, etc.), création et consolidation d'outils communs relocalisés (plateforme logistique, abattoir de proximité, légumerie, magasin de producteur, etc.), régulation des marchés.


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