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ALIMENTATION
08.01.2019

Pour des prix rémunérateurs !

08.01.2019 - Salvaza, Carcassonne.
La Confédération paysanne exige des prix justes, c’est-à-dire des prix permettant : - la rémunération des paysan-ne-s, - des marges de manœuvre pour faire évoluer l’emploi paysan et les pratiques environnementales afin de mieux répondre aux attentes sociétales ; - une charge de travail contenue permettant d'avoir du temps libre : qualité de vie pour soi, sa famille, pour les congés, pour s'impliquer dans la vie locale et associative. Les États généraux de l’alimentation devaient lutter contre la guerre des prix pratiquée par les grandes et moyennes surfaces (GMS) et l’industrie agro-alimentaire au détriment des paysan-ne-s. Or, la principale mesure qui ressort de la loi Egalim obligera les GMS à augmenter leurs marges
  • Farine bio conditionnée en Allemagne à 1,13€/kg. Lait bio à 0,95€/kg. Vin Mythique Languedoc bio 4,10€ la bouteille
  • Bib 5l Aude rouge 2,08/l - Bib 3l Le val, pays d'Oc sauvignon 3,98/l - bouteille Corbières 2,01€ - Bib 5l Aude 2,04/l - Bib 10l Cabernet Sauvignon d'Espagne 1,94€/l
  • Carottes France : sachet 2kg, 1,99€ - en vrac 1,59€
  • Dinde 4€/kg - Côtes de porc 4,50€ - Longe de porc 2,19€ - Bourguignon 4,95€ - 
  • oeufs bio : 0,33€ l'unité
  • lait bleu blanc lait 0,72€/l - Candia, 0,72€/l 

Ce sont quelques-uns des prix de vente pratiqués par la grande distribution.

Transition, montée en gamme, bio et signes de qualité... détournés
En continuant sa recherche de prix bas sans répartition équitable de valeur, les GMS considèrent
maintenant « le bio » et les « signes de qualité » comme des « produits d'appel » : on voit fleurir les
rayons de produits bio industriels et bradés.

Cette action visait à dénoncer :

La montée en gamme a un prix, qui doit être reconnu même s'il ne pèsera pas que sur les
consommateurs (répartition de valeur au profit des paysans, réorientation de la PAC*. ...).
Dans ce contexte, la suppression des budgets de l'État pour l'aide au maintien de
l'agriculture biologique est un mauvais signal. Le marché n'a en effet cure de rémunérer les
externalités positives de l'agriculture, de rendre accessible à tou-te-s une alimentation de
qualité.

- Le rôle des GMS dans la course aux prix bas et l'absence de répartition de la valeur.
Contrairement à ce que laissent penser leurs nombreuses campagnes marketing, les GMS sont
également responsables de l'absence de transition agricole globale.
3- Le rôle des grands industriels de l'agroalimentaire qui sont engagés dans cette même course
aux prix bas et en sont tout aussi responsables : en accroissant la pression exercée sur les prix
payés aux producteurs, ils s'accaparent la majeure partie de la valeur créée.
Les grandes coopératives agissent malheureusement dans le même sens, engluées dans cette
compétition acharnée tant sur le marché intérieur que sur les marchés à l'export.
- Le rôle de la FNSEA*, et en particulier :
- son échec total pour améliorer la rémunération paysanne et stopper la baisse du nombre
de fermes en France ;
- sa volonté de réfléchir uniquement « filière », menant à des interprofessions loin des
préoccupations paysannes et des enjeux territoriaux et sociétaux ;
- son alliance avec les industriels et la GMS pour que rien ne change 5. ;
- son soutien sans faille au libre-échange. Dans sa fuite en avant pour l'export, la FNSEA*
assume de produire au prix le plus bas possible pour conquérir les marchés mondiaux.
Comment, avec un discours qui légitime le système libre-échangiste, la FNSEA* peut-elle
être crédible pour lutter contre les importations à bas prix ?
- Le rôle des politiques publiques, et en particulier :
- le gouvernement, qui a été incapable de contraindre la sphère économique et financière,
aboutissant à une loi EGA quasi inopérante ;
- la PAC*, qui ne permet pas une juste répartition des aides.
- L'impact des importations qui concurrencent la production française en GMS (notamment : miel,
fruits, légumes, agneau, viticulture sans appellation, lait de chèvre).

Les principales propositions de la Confédération paysanne :
Montée en gamme et revenu doivent aller de pair. Pour cela, la Confédération paysanne
demande des politiques publiques fortes en faveur des paysannes et paysans :
- Un véritable droit au revenu, qui interdise à l'aval d'acheter nos produits en-dessous de
nos prix de revient, par un véritable arbitrage public des relations commerciales agricoles
- Une PAC* mieux répartie et qui encourage la transition des pratiques agricoles.
- La fin des accords de libre-échange et la mise en place d'outils de régulation des
marchés .

- Une politique encourageant la relocalisation et davantage tournée vers le marché intérieur.
- Lait : contrats tripartites éleveur / industriel / distributeur, avec un tunnel de prix.
- Viande bovine : rejet des accords de libre-échange et modification de la grille de paiement
avec prise en compte obligatoire de la qualité et du coût de production dans la formulation
du prix de l'éleveur.

une vue de l'action, via France 3, ici :https://france3-regions.francetvinfo.fr/occitanie/aude/carcassonne/carcassonne-operation-prix-vrais-confederation-paysanne-aude-1603353.html

article La dépêche du Midi : https://www.ladepeche.fr/article/2019/01/09/2936889-la-conf-paysanne-lutte-pour-un-droit-au-revenu.html

article l'indépendant ici :https://www.lindependant.fr/2019/01/08/carcassonne-la-confederation-paysanne-lutte-pour-un-droit-au-revenu,7345995.php

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