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PRÉDATEURS ET GRAND GIBIER
21.09.2016

Sangliers : Prendre des mesures proportionnelles au désastre Lettre ouverte à M. Le préfet de l'Aude

21.09.2016 -
On ne peut plus parler d'un gibier véritablement sauvage, mais de l' invasion d'un animal progressivement domestiqué par des années de nourriture quotidiennement déversée, et ce malgré les interdictions signifiées par les services de l'Etat. On assiste donc à une forme d'élevage proliférant sur les terres des agriculteurs locaux.

Monsieur Le Préfet,

 

Nous tenons à vous alerter sur la situation de plus en plus intenable que connaît notre profession à cause de l'accroissement d'année en année des populations de sangliers.

On ne peut plus parler en effet d'un gibier véritablement sauvage, mais de l' invasion d'un animal progressivement domestiqué par des années de nourriture quotidiennement déversée, et ce malgré les interdictions signifiées par vos services. On assiste donc à une forme d'élevage proliférant sur les terres des agriculteurs locaux.

Les chasseurs eux-mêmes reconnaissent qu'ils ne peuvent plus maîtriser ce phénomène, alors qu'ils en sont à l'origine. Durant ces trente dernières années, il nous semble que le métabolisme de l'animal a constamment évolué au point que les laies font deux portées par an avec un nombre de plus en plus grand de marcassins. Cette année des laies et leurs petits sont visibles dans nos prés en plein jour et on peut les approcher sans les effrayer.

Une autre conséquence de ces années de nourritures déversées dans les forêts est, d'après Monsieur Valet, chercheur à l'INRA spécialisé dans l'étude du sanglier, d'avoir créé un déséquilibre écologique dans la période du sevrage des jeunes. Par le passé en effet les jeunes au moment du sevrage étaient chassés de la horde et ne s'arrêtaient que lorsqu'ils trouvaient une nouvelle horde qui les acceptait (seul moment de nomadisme de cette espèce). Une sélection naturelle s'opérait alors avec la disparition d'environ 30 % de la population. Cette sélection ne se fait plus à cause de la nourriture abondante mise à dispostion dans nos forêts.

Les conséquences de tout cela sont désastreuses :

  • Impossibilité de produire des céréales dans une partie du département (comme les Corbières). Les éleveurs locaux doivent donc acheter leurs céréales (pas d'autonomie alimentaire pour nos troupeaux) ce qui augmente les coûts de production. Ils sont dans l'impossibilité d'engraisser correctement leurs animaux, alors que le département de l'Aude souhaite mettre en place une filière locale pour approvisionner les cantines scolaires et la restauration collective

  • Achat de paille ou obligation d'aller faire de la paille très loin de nos exploitations pour les besoins de l'hiver

  • Destruction de nos semis d'automne pour nos prairies temporaires

  • Destruction de nos prairies permanentes avec baisse de rendement de plus en plus importante chaque année, avec apparition dans les « cratères » creusés par les sangliers de nouvelles adventices néfastes tel le fameux séneçon du Cap bien connu dans la Montagne Noire.

  • Bris de matériels causé par ces cavités et mal de dos aggravé par des secousses répétées pour les agriculteurs au volant de leurs tracteurs.

  • Obligation de clôturer les potagers pour les protéger des sangliers.

  • Risques accrus ces dernières années d'accidents de la route du fait de cette prolifération.

 

Les agriculteurs connaissent bien assez de problèmes propres à leur profession. Cette prolifération ne fait que fragiliser encore plus l'agriculture locale et remet en cause leur maintien à terme dans la région.

Nous nous en remettons donc à la compréhension des pouvoirs publics pour qu'avec l'aide de la Fédération de Chasse, de l'Office National de la Chasse et de la Chambre d'Agriculture vous preniez des mesures efficaces et concrètes pour enrayer ce véritable fléau, comme :

  • S'assurer que les ACCA locales mènent une véritable politique de régulation du nombre de sangliers basée sur des mesures de limitations des paramètres démographiques (tir des laies, des jeunes…), et qu'elles puissent présenter un bilan de chasse en recensant le nombre de sangliers tués, leur âge et leur sexe

  • Connaître la destination de ces sangliers tués (consommation personnelle, restauration…)

  • Interdire totalement l'agrainage et toute autre mise à disposition de nourriture aux sangliers, avec contrôles et verbalisation des contrevenants

  • Effectuer davantage de contrôles sur place : type de prélèvements, gestion des viscères et des peaux (souvent laissées sur place à l'encontre de toute réglementation, elles sont une source de pollution et de nourriture pour les sangliers)

  • Faciliter les démarches pour que les fédérations de chasse prennent davantage en charge les dégâts liés aux sangliers (mise en place de clôtures, prise en charge des frais liés aux pertes culturales sans limitation…)

Dans l'attente d'une réponse rapide à la mesure des problèmes évoqués ci dessus, je vous prie de croire, Monsieur Le Préfet, à nos plus respectueuses salutations.

Vandecasteele Mélanie

Patrick Perles

porte parole de la Confédération paysanne de l'Aude

 

A Monsieur Le préfet de l'Aude

52 rue jean bringer 11 000 Carcassonne

Copies à:

Monsieur le Président de la Fédération Départementale des Chasseurs de l'Aude

Badens, Route de Rustiques, 11 890 Carcassonne

Monsieur le Directeur de L'Office national de la Chasse et de la Faune sauvage

Zone d'Activités de Sautes, 11 800 Trèbes

Monsieur le Président de la Chambre d'Agriculture de l'Aude

Zone d'Activité de Sautès,  11 878 Carcacassonne


En téléchargement :

    Guide pratique pour l'indemnisation des dégats du grand gibier
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