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CAMPAGNES SOLIDAIRES


Campagnes solidaires est le mensuel de la Confédération paysanne, engagé avec les paysans et les acteurs du mouvement social dans l'émergence d'autres mondes possibles.

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Le numéro du mois

n° 372 - mai 2021
Editorial
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Editorial

Une PAC pour des paysannes et des paysans nombreux !

Nous voilà vraiment les mains dans le cambouis du chantier de la future PAC*, celle qui devrait être mise en œuvre de 2023 à 2027. Tâche énorme tant la politique agricole commune de l'Union européenne, telle que nous la connaissons, a fait son temps.

Voilà la fin de mois de diagnostics, réunions, débats : vient maintenant le temps des arbitrages, des rapports de force et des mobilisations. Justement, la Confédération a vécu du 12 au 16 avril une semaine forte de mobilisations, indispensables pour rendre visibles notre ambition et notre détermination pour une PAC* plus juste, et plus sociale (cf.p.24).

Mobilisations indispensables pour crier notre refus de poursuivre une politique qui a fait disparaître deux tiers des paysan·nes (et qui ne peut accompagner celles et ceux en difficulté), a vidé les campagnes, a des conséquences négatives sur l'environnement et ne permet pas de faire face aux urgences climatiques.

Mobilisations indispensables pour poser sur la table nospropositions : d'abord une PAC* pour des paysannes et paysans nombreux ! La PAC* n'est pas un tiroir-caisse : elle doit être une politique d'orientation de l'agriculture pour créer de la valeur ajoutée, du revenu et de l'emploi, pour installer sur tous les territoires et accompagner une vraie transition agroécologique. C'est uniquement avec des paysannes et des paysans nombreux que nous pourrons réussir cela.

Il a fallu se mobiliser et il le faudra encore face aux tenants du statu quo, face au discours qu'on nous répète inlassablement « des équilibres qu'il ne faut pas déséquilibrer » !

Mais de quels équilibres parle-t-on? D'agriculteurs qui sans les aides de la PAC* n'ont pas de revenu ? De celles et ceux qui se gavent de soutiens publics quand d'autres rament, "oubliés" de la PAC* puisque produisant sur de petites surfaces et/ou des productions non accompagnées ?

Non, la PAC* actuelle n'est ni juste ni équilibrée ! Basée sur des aides à la surface, elle provoque concentration, agrandissement et spécialisation des productions ; raison principale de la disparition de nombreux paysans. Cette PAC* provoque des déséquilibres majeurs, aujourd'hui visibles et qui le seront encore davantage dans le futur avec les impossibilités de transmission des fermes et les grandes difficultés d'installation.

Rien ne peut justifier qu'une politique publique continue ainsi.

Bien sûr que le temps long existe et on ne part pas d'une feuille blanche, mais les moments de rupture et de changement sont indispensables pour avancer : çà, nous le savons toutes et tous sur nos fermes.

L'urgence sociale et l'urgence climatique imposent des changements profonds. Cela implique de passer par une évolution des aides à la surface vers des aides à l'actif, aux femmes et aux hommes qui produisent chaque jour.

Pourtant, les forces de l'immobilisme et du déni sont bien là et agissent partout pour maintenir le une répartition inégale et inacceptable des aides de la PAC*, refusant d'affronter la situation écologique et sociale de nos campagnes.

A ce jour, je ne me lancerai pas dans des pronostics sur les contours et les mesures de la prochaine PAC* : trop d'éléments sont encore en négociation à Bruxelles et dans les couloirs parisiens. Mais je peux assurément rappeler notre détermination pour changer la PAC*, pour dessiner l'agriculture française et européenne du futur avec des paysannes et des paysans nombreux ; une agriculture où chaque ferme est indispensable, chaque nouvelle ferme est précieuse !

Il ne faut pas rater l'occasion : en 2027, il sera peut-être trop tard!

 

Laurence Marandola,
paysanne en Ariège

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