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CAMPAGNES SOLIDAIRES


Campagnes solidaires est le mensuel de la Confédération paysanne, engagé avec les paysans et les acteurs du mouvement social dans l'émergence d'autres mondes possibles.

C'est un point de ralliement pour ceux qui veulent comprendre les réalités de la vie et des luttes paysannes dans le monde et ici en Europe.

C'est aussi un espace pour ceux qui veulent s'exprimer sur ces réalités et la manière d'agir sur elles.

Informer, c'est contribuer au débat sur les sujets de société tels que les OGM, la sécurité alimentaire et la mondialisation...

Campagnes Solidaires, notre, votre journal, tente chaque mois de restituer les résistances et les espoirs de ces luttes. Nous avons besoin de vous pour continuer ce combat.

Le numéro du mois

n° 348 - mars 2019
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Libérer du temps sur sa ferme


Les dossiers sont disponibles en téléchargement trois mois après parution [voir dans la rubrique ARCHIVES]

« Parviens-tu à libérer du temps pour les loisirs dans ton métier de paysan ? » : la question revient souvent, sur les « fermes ouvertes » ou au détour de rencontres et de réunions entre collègues. Si le salariat impose des congés, des heures et des jours de travail, le statut de paysan ou de paysanne laisse toute latitude à ses femmes et à ses hommes pour s'organiser. Cela peut être une aubaine appréciable, ou le risque de se faire engloutir sous le labeur.
Libérer du temps ou prendre des loisirs :  les verbes eux-mêmes font résonner à la fois la contrainte d'un métier qui impose beaucoup de présence, d'implication, et la volonté de prendre de la distance et de retrouver du souffle.
Nous songeons d'abord à toutes les fermes qui ont du mal à joindre les deux bouts, et l'on sait bien que les raisons peuvent en être multiples, d'une production mal rémunérée à des capitaux engagés mal calibrés. En particulier, la course au volume est un tunnel obscur qui ne laisse plus entrer la lumière du bon sens. Tout peut basculer à chaque instant : la santé physique bien sûr, mais encore le moral ou les relations avec les autres. Savoir marquer un arrêt, s'aérer la tête, peuvent être salutaires.
En pleine crise du lait de vache, la Confédération paysanne avait obtenu en 2016 le droit et les moyens pour les paysans et paysannes en difficulté de se faire remplacer quelques jours sur leur ferme. La mesure  a été reconduite, preuve s'il en fallait qu'il est utile et même précieux de jouer la pause ou d'aller voir ailleurs, comme de s'appuyer sur la solidarité.
Quel avenir aurait notre métier si nous n'avions à présenter qu'une existence sous l'emprise totale et subie du travail ? C'est sans nostalgie que nous laissons s'éloigner le souvenir de ces réseaux exclusifs de paysans où l'on évoquait encore la météo et le boulot quand on croisait ses pairs sur le foirail du chef lieu de canton. Le monde agricole est plus que jamais voué à vivre avec la société qui l'entoure : les collègues, bien sûr, mais aussi les salarié.es qui débauchent le vendredi, les retraité.es qui vous racontent la dernière randonnée, et ces dimanches matins qui vous obligent au silence parce qu'ils dorment plus longtemps.
Faudra bien les mener avec efficacité, nos fermes paysannes, pour qu'elles rétribuent correctement les femmes et les hommes qui y œuvrent. La qualité des produits que nous revendiquons est fortement liée à la qualité de vie à laquelle il faut nous hisser. Et celle-ci commence par un temps de travail maîtrisé et une riche vie sociale. Nos réseaux de militantes et militants engagés foisonnent d'expériences d'organisations et d'entraides.


Mikel Hirribaren,

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